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Matériel éducatif

Série de dépliants sur les affections thyroïdiennes

La thyroïdite

La maladie de Hashimoto
La thyroïdite, ou inflammation de la glande thyroïde, a de nombreuses causes dont la principale est la maladie de Hashimoto (également appelée thyroïdite de Hashimoto), décrite pour la première fois au Japon par le médecin du même nom. Il s’agit d’une affection inflammatoire chronique de la glande thyroïde causée par des taux d’anticorps antithyroïdiens anormalement élevés dans le sang et des globules blancs qui attaquent la thyroïde et lui causent des lésions. Cette « destruction auto-immune » entraîne une hypothyroïdie, c’est-à-dire que la thyroïde ne sécrète pas suffisamment d’hormones thyroïdiennes. Certains patients peuvent cependant conserver une réserve d’hormones thyroïdiennes suffisante pour que l’hypothyroïdie soit évitée.

Les caractéristiques cliniques
ferme, plus ou moins irrégulier et parfois légèrement sensible. Une douleur est ressentie par environ 10 % des patients. Aux stades avancés, la thyroïde peut diminuer de volume et devenir impalpable.

Les épreuves de laboratoire
Un taux élevé d’anticorps antithyroïdiens dans le sang confirme le diagnostic de la maladie de Hashimoto. Ces anticorps s’attaquent aux protéines thyroïdiennes du patient. On peut établir le diagnostic avec certitude en procédant à une biopsie, mais celle-ci n’est pas indispensable. Afin de déterminer si la thyroïde fonctionne bien ou non, un dosage sanguin de la TSH (thyréostimuline) est réalisé. La TSH est une hormone hypophysaire qui régit le fonctionnement de la thyroïde et la croissance (pour de plus amples renseignements, consulter le Guide santé no 2). Les femmes de plus de 50 ans doivent faire l’objet d’un dépistage périodique du dysfonctionnement thyroïdien.

Le traitement
Le traitement de la maladie de Hashimoto vise le remplacement de l’hormone thyroïdienne manquante, la thyroxine, par la prise de comprimés renfermant cette hormone (Euthyrox®, Synthroid®). Si le patient présente un léger dysfonctionnement thyroïdien, des doses de 50 à 75 µg par jour sont suffisantes. La dose moyenne administrée en cas de dysfonctionnement plus important est de 1,6 µg/kg de poids corporel. En présence d’hypothyroïdie et de goitre, l’amorce d’un traitement de remplacement réussit habituellement à faire disparaître ce dernier en 6 à 18 mois. Une fois la dose adéquate de thyroxine établie, le patient atteint de la maladie de Hashimoto doit être vu par son médecin de famille au moins une fois par an afin de s’assurer que la dose convient toujours.

La thyroïdite subaiguë
La thyroïdite subaiguë est environ 10 fois moins courante que la maladie de Hashimoto. Il s’agit d’une forme passagère de thyroïdite qui cause une hypothyroïdie, mais qui ne nécessite pas l’amorce d’un traitement par l’iode radioactif ni la thyroïdectomie (ablation de la thyroïde). Des données portent à croire que la thyroïdite subaiguë est causée par une infection virale, car la majorité des patients atteints ont présenté une infection de la gorge dans les semaines précédant l’apparition de la maladie. Cette affection se manifeste sous forme d’épidémies de faible envergure et est généralement associée à des infections virales connues.

Les caractéristiques cliniques
La thyroïdite subaiguë comporte habituellement trois phases, mais certaines d’entre elles peuvent passer inaperçues, car leurs symptômes sont de faible intensité. D’abord, le patient présente une hyperthyroïdie, puis s’ensuit une hypothyroïdie (car la réserve d’hormones thyroïdiennes s’est épuisée et la glande récupère) et finalement, la thyroïde recommence à fonctionner normalement. Au début, les principaux symptômes ressentis sont une enflure douloureuse de la glande et des symptômes d’hyperthyroïdie, notamment une intolérance à la chaleur, une nervosité, des palpitations et une faiblesse. L’hyperthyroïdie est provoquée par l’écoulement d’hormones thyroïdiennes à partir des cellules lésées de la glande, lui-même causé par une infection virale. À l’examen initial, le patient montre une thyroïde enflée et très sensible ainsi que de légers signes d’hyperthyroïdie.

Les épreuves de laboratoire
Le diagnostic de l’hyperthyroïdie peut être confirmé grâce à la présence dans le sang de taux élevés d’hormones thyroïdiennes. L’un des tests de dépistage très utiles pour confirmer l’hyperthyroïdie est la mesure de la vitesse de sédimentation des érythrocytes, qui se révèle très élevée (supérieure à 80) au cours de la phase inflammatoire. Les résultats obtenus à l’épreuve de fixation de l’iode radioactif révèlent, pour leur part, des taux très faibles. Normalement, on obtient des taux de fixation allant de 15 à 20 %, mais en présence de thyroïdite subaiguë, ce taux est habituellement inférieur à 1 %, car les cellules infectées par le virus sont « malades » et incapables de capter l’iode.

Le traitement
Le traitement des formes légères de thyroïdite subaiguë consiste en la prise d’aspirine ou d’anti-inflammatoires non stéroïdiens pour réduire l’inflammation, l’enflure et la douleur. Il arrive qu’on prescrive des corticostéroïdes (cortisone) aux patients dont les symptômes sont intenses. Les bêtabloquants peuvent également soulager les symptômes d’hyperthyroïdie, mais ce type de médicaments est contre-indiqué chez les personnes asthmatiques. Dans la plupart des cas, l’affection disparaît, mais elle peut être récurrente chez certains. La majorité des patients doivent prendre de la thyroxine durant la phase d’hypothyroïdie temporaire qui suit l’hyperthyroïdie.

La thyroïdite silencieuse
Une autre cause de thyroïdite, dont la fréquence est comparable à celle de la thyroïdite subaiguë, est la thyroïdite silencieuse. Elle porte ce nom, car elle n’entraîne aucun signe ni symptôme d’inflammation de la thyroïde. De prime abord, le patient présente une hyperthyroïdie pouvant donner lieu aux mêmes symptômes que ceux de la maladie de Basedow-Graves, qui laisse place à une phase d’hypothyroïdie aboutissant à une guérison complète. La présence d’anticorps antithyroïdiens comparables à ceux décelés au cours de la maladie de Hashimoto est un facteur de risque de persistance de l’hypothyroïdie.

La thyroïdite du postpartum
La thyroïdite du postpartum se manifeste fréquemment chez des femmes ayant des antécédents de maladie thyroïdienne qui ont accouché récemment. À bien des égards, les thyroïdites silencieuse et du postpartum ressemblent à la maladie de Hashimoto, sauf que dans le cas des premières, la glande a tendance à récupérer, et le traitement de remplacement des hormones thyroïdiennes n’a besoin d’être administré que durant quelques semaines. Contrairement à la thyroïdite subaiguë, la thyroïdite du postpartum montre une fréquence accrue des récurrences (10 %) et une évolution plus fréquente vers une hypothyroïdie permanente (10 %).

Mise à jour en octobre 2009 par Hortensia Mircescu, M.D., FRCPC, Division d’endocrinologie, Centre hospitalier de l’Université de Montréal, professeure adjointe de clinique, Faculté de médecine, Université de Montréal.