Matériel éducatif

Série de dépliants sur les affections thyroïdiennes

Les maladies thyroïdiennes - Survol de la fonction thyroïdienne

La glande thyroïde se situe à l’avant du cou et est attachée à la partie inférieure du larynx (organe servant au passage de l’air) et à la portion supérieure de la trachée (organe de phonation). Elle est formée de deux lobes, qui sont reliés par un isthme (bande étroite de tissus). Chaque lobe mesure environ 4 cm de haut et de 1 à 2 cm de large. Le terme « thyroïde » tire son origine d’un mot grec signifiant « en forme de porte ».

Les hormones thyroïdiennes
La thyroïde libère des hormones thyroïdiennes. Il s’agit de peptides renfermant de l’iode. Les deux principales hormones sécrétées sont la tétraiodothyronine (aussi appelée thyroxine ou T4) et la triiodothyronine (T3). Ces hormones jouent un rôle vital et exercent de nombreux effets sur le métabolisme, la croissance et le développement de l’organisme.

L’iode
L’iode joue un rôle important dans le fonctionnement de la thyroïde. Elle est la principale composante des hormones thyroïdiennes et est essentielle à leur production. L’iode que contient notre organisme provient de l’eau et des aliments que nous consommons. Dans certains coins du monde où il n’y a pas d’iode à l’état naturel, comme la région des Grands Lacs au Canada et aux États-Unis, les Alpes suisses et la Tasmanie, elle doit être ajoutée au sel ou au pain. Au Canada et aux États-Unis, la plus grande partie du sel que l’on achète est iodé, et l’apport en iode est donc plus que suffisant. La consommation excessive de sel dans des aliments comme le varech (une algue) aggrave la maladie thyroïdienne auto-immune.

Le goitre
L’hypertrophie (augmentation de la taille) de la thyroïde est désignée par le terme « goitre ». Le goitre n’est pas toujours synonyme de maladie, car l’hypertrophie de la thyroïde peut également être causée par des états physiologiques tels que la puberté et la grossesse.

L’axe hypothalamo-hypophyso-thyroïdien
La thyroïde subit les effets d’hormones libérées par deux autres organes :

  1. L’hypophyse, qui se situe à la base du cerveau et secrète la thyréostimuline (TSH).
  2. L’hypothalamus, une petite partie du cerveau située au-dessus de l’hypophyse, qui libère la thyréolibérine (TRH).

L’hypothalamus et l’hypophyse détectent les faibles concentrations d’hormones thyroïdiennes dans le sang. L’hypothalamus libère alors la TRH qui stimule la sécrétion de TSH par l’hypophyse. L’augmentation des taux de TSH stimule à son tour la sécrétion d’hormones thyroïdiennes par la thyroïde pour ainsi rétablir les taux sanguins de ces hormones.

Les trois glandes et les hormones qu’elles libèrent forment l’axe hypothalamo-hypophyso-thyroïdien.

La façon dont un goitre apparaît chez des habitants d’une région géographique connaissant un manque d’iode est un bon exemple du fonctionnement de l’axe hypothalamo-hypophyso-thyroïdien. Normalement, la TSH fait augmenter le captage de l’iode par la thyroïde et, partant, la production d’hormones thyroïdiennes. Si l’alimentation ne fournit qu’une faible quantité d’iode, trop peu d’hormones thyroïdiennes sont libérées, et la TRH fait augmenter la production de TSH par l’hypophyse. De plus, l’hypophyse réagit directement au manque d’hormones thyroïdiennes dans le sang en augmentant sa production de TSH, ce qui favorise la capture par la thyroïde de la plus grande partie de l’iode provenant de l’eau et des aliments consommés. Cependant, la TSH joue un deuxième rôle : elle favorise la croissance des cellules thyroïdiennes.

La glande grossit et devient hypertrophiée en réaction à la sécrétion accrue de TSH. Par conséquent, la plupart des habitants des régions pauvres en iode présentent un goitre, qui fait en sorte que leur thyroïde produit assez d’hormones pour que leur organisme fonctionne normalement. Une fois les taux d’hormones thyroïdiennes revenus à la normale, la libération élevée de la TSH demeure stable.

Chez les personnes en bonne santé et chez celles présentant un goitre, l’axe hypothalamo-hypophyso-thyroïdien maintient la production d’hormones thyroïdiennes à un taux subtilement régulé et permet à la thyroïde de réagir aux situations qui demandent une libération accrue ou moindre d’hormones.

Les troubles thyroïdiens
Les principales causes des maladies thyroïdiennes sont les suivantes :

  1. Sécrétion trop élevée d’hormones thyroïdiennes (hyperthyroïdie).
  2. Sécrétion trop faible d’hormones thyroïdiennes (hypothyroïdie).

Lorsque la thyroïde fonctionne normalement, on parle d’« euthyroïdie ». Les anomalies touchant la glande thyroïde sont fréquentes; elles touchent de 1 à 5 % de la population. Tous les troubles thyroïdiens sont beaucoup plus fréquents chez la femme que chez l’homme. Grâce à la consommation courante de sel iodé et de pain au Canada, on ne compte plus la carence en iode parmi les causes de maladie thyroïdienne comme c’était le cas il y a une cinquantaine d’années.

Les maladies auto-immunes touchant la glande thyroïde sont les causes les plus courantes du dysfonctionnement thyroïdien. Les maladies auto-immunes sont causées par des protéines anormales (appelées « anticorps ») et des globules blancs qui agissent de concert pour stimuler ou endommager la glande thyroïde. La maladie de Basedow-Graves (hyperthyroïdie) ou la maladie de Hashimoto en sont deux exemples. La première touche environ 1 personne sur 100 alors que la seconde est encore plus courante (sa prévalence augmente avec l’âge).

La maladie de Basedow-Graves
La maladie de Basedow-Graves (thyrotoxicose) est causée par un anticorps particulier appelé « anticorps thyréostimulant » qui, comme son nom l’indique, stimule la croissance des cellules thyroïdiennes et la production de quantités excessives d’hormones thyroïdiennes. Le goitre qui apparait dans cette maladie n’est pas causé par la surproduction de TSH, mais par l’anticorps thyréostimulant.

La maladie de Hashimoto
Chez le patient atteint de maladie de Hashimoto, le goitre est causé par une accumulation de globules blancs et de liquide (inflammation) dans la thyroïde, ce qui entraîne la destruction des cellules thyroïdiennes et, finalement, une insuffisance thyroïdienne (hypothyroïdie). Au début, la production d’hormones thyroïdiennes diminue, ce qui fait diminuer leur concentration sanguine et provoque la libération accrue de TSH et l’apparition possible d’un goitre. À un stade avancé, le goitre peut disparaître en raison de la destruction progressive de la glande thyroïde.

Les nodules thyroïdiens
Parfois, l’hypertrophie de la thyroïde ne touche qu’une partie de la glande. Sa cause la plus fréquente est la présence d’un kyste ou nodule, qui peut être bénin ou malin. Il arrive que la thyroïde présente plusieurs nodules; on parle alors de « goitre multinodulaire ». Des modifications génétiques des protéines qui jouent un rôle dans la croissance et le fonctionnement de la thyroïde peuvent favoriser l’apparition de nodules.

Les maladies thyroïdiennes et les personnes âgées
Comme le dysfonctionnement thyroïdien entraîne des signes et des symptômes ressemblant à ceux du vieillissement, il faut se montrer extrêmement vigilant pour le dépister en contexte clinique. Bien que les résultats aux examens habituellement utilisés pour surveiller la fonction thyroïdienne peuvent être légèrement modifiés par le vieillissement, les intervalles des valeurs normales établis chez les adultes plus jeunes peuvent être appliqués au diagnostic du dysfonctionnement thyroïdien chez le patient âgé lorsque les maladies aiguës ou chroniques concomitantes, les modifications de l’état nutritionnel ou mental et l’administration récente de produits de contraste ou de médicaments lors d’examens radiologiques ont été écartées.

Mise à jour en octobre 2009 par Hortensia Mircescu, M.D., FRCPC, Division d’endocrinologie, Centre hospitalier de l’Université de Montréal, professeure adjointe de clinique, Faculté de médecine, Université de Montréal.