Matériel éducatif

Série de dépliants sur les affections thyroïdiennes

L’hypothyroïdie

L’hypothyroïdie, fonctionnement insuffisant de la glande thyroïde, survient lorsque la thyroïde ne réussit pas à produire suffisamment d’hormones thyroïdiennes T4 et T3. Les quatre principales causes de l’insuffisance de la glande sont les suivantes :

  1. 1. la maladie de Hashimoto, une maladie auto-immune causant l’inflammation de la thyroïde;
  2. le traitement de la maladie de Basedow-Graves (une forme d’hyperthyroïdie) par l’iode radioactif ou une chirurgie;
  3. l’hypothyroïdie congénitale, présente chez l’enfant né sans thyroïde ou dont la glande fonctionne mal;
  4. l’ablation chirurgicale de la glande pour traiter un cancer de la thyroïde.

L’hypothyroïdie peut également être causée par une maladie touchant l’hypophyse ou l’hypothalamus. Effectivement, le fonctionnement normal de la glande thyroïde dépend de la sécrétion soigneusement régulée de la thyréostimuline (TSH) par l’hypophyse et de la thyréolibérine (TRH) par l’hypothalamus. La thyroïdite du postpartum et la thyroïdite subaiguë sont des exemples d’une autre forme importante d’hypothyroïdie, caractérisée par sa nature passagère.

Les caractéristiques cliniques
L’hypothyroïdie touche environ 2 personnes sur 100, et sa prévalence augmente avec l’âge. Les signes et les symptômes sont provoqués par une insuffisance de la sécrétion d’hormones thyroïdiennes, qui entraîne un ralentissement des processus métaboliques. La personne atteinte a un faible appétit et présente une intolérance au froid, une peau épaisse et sèche, des cheveux cassants, une fatigue, une voix rauque, de la constipation et une faiblesse musculaire. L’examen peut révéler une peau pâle, sèche, écailleuse et froide, un épaississement de la peau et des tissus sous-jacents (appelé myxœdème), des réflexes très lents et une fréquence cardiaque lente. La thyroïde peut avoir une taille normale, être hypertrophiée (goitre) ou imperceptible à la palpation. Le patient atteint peut avoir des troubles de la mémoire. L’augmentation du taux de TSH confirme le diagnostic d’hypothyroïdie.

L’hypothyroïdie congénitale
Tous les nouveau-nés subissent un test de dépistage de l’hypothyroïdie congénitale consistant en un prélèvement de sang au talon. Chez la plupart des bébés, l’hypothyroïdie congénitale est causée par l’absence ou un sous-développement de la glande thyroïde. Dans d’autres cas, les protéines nécessaires à la production d’hormones thyroïdiennes ne fonctionnent pas adéquatement. Les hormones thyroïdiennes sont essentielles au développement du cerveau et à la croissance. Durant la grossesse, les hormones thyroïdiennes maternelles traversent le placenta et comblent certains besoins du fœtus. Les nouveau-nés atteints d’hypothyroïdie qui ne sont pas traités présentent un état caractérisé par de graves déficiences mentales et physiques appelé « crétinisme ». Il se manifeste par un retard mental, des troubles de la vue, une peau épaisse et sèche, une langue saillante, une faiblesse musculaire, une léthargie grave et une fatigue. Lorsque l’hypothyroïdie congénitale est diagnostiquée et traitée peu après la naissance, la croissance et le développement mental de l’enfant peuvent suivre un cours relativement normal.

Une grande partie des travaux de recherche sur le diagnostic précis de l’hypothyroïdie congénitale a été menée au Canada par le Dr J.H. Dussault, à l’Université Laval, à Québec.

L’hypothyroïdie subclinique
L’hypothyroïdie limite est assez courante, et son diagnostic clinique peut poser un défi. Elle se caractérise par un taux élevé de TSH associé à des taux d’hormones thyroïdiennes dans les limites de la normale. La personne atteinte peut ne présenter aucun symptôme ou encore des symptômes très subtils.

Il importe de poser un bon diagnostic, car une fois le traitement amorcé, il est habituellement poursuivi la vie durant. La TSH est un marqueur ultrasensible de l’hypothyroïdie, même lorsqu’elle est présente à un très faible degré.

Le traitement
Le traitement de l’hypothyroïdie consiste en l’administration d’hormones thyroïdiennes de remplacement sous la forme d’un petit comprimé, chaque jour, pendant toute la vie. Le comprimé renferme de la thyroxine ou T4 (Eltroxin® ou Synthroid®), une hormone de synthèse contenant peu d’impuretés. Le traitement n'entraîne que très peu d’effets indésirables et presque aucune réaction allergique. Chez l’adulte, la dose moyenne de la thyroxine de remplacement est de 1,6 µg/kg de poids corporel. Chez la majorité des patients, on n’observe aucun avantage additionnel éprouvé à administrer aussi de la T3 (Cytomel®), car la T4 se transforme en T3 et sa dose est établie de manière à maintenir un taux normal de T3. Une fois la dose adéquate établie, elle demeure habituellement stable pendant toute la vie. Seule une analyse sanguine doit être réalisée une fois par an chez les patients traités par la thyroxine. Un stress intense, une grossesse ou une maladie peuvent parfois faire augmenter la quantité d’hormones thyroïdiennes nécessaire. Une dose trop élevée de thyroxine cause des symptômes d’hyperthyroïdie, alors qu’une dose trop faible de thyroxine fait persister les symptômes d’hypothyroïdie. La dose adéquate est déterminée grâce au dosage de la TSH de 5 à 6 semaines après l’amorce du traitement de remplacement ou la modification de la dose de celui-ci.

Les autres formes d’hormones thyroïdiennes
Il existe de nombreuses autres formes d’hormones thyroïdiennes, mais il est très rare qu’on les prescrive. Des préparations contenant des impuretés comme les extraits thyroïdiens et les préparations thyroïdiennes brutes renferment des quantités variables d’hormones. Ces composés entraînent des effets variables et une réponse imprévisible au traitement. La triiodothyronine (T3), qui est beaucoup plus puissante que la thyroxine, est également administrée à l’occasion. Ce médicament demeure peu de temps dans le sang, et son effet ne se maintient pas durant 24 heures. Lorsqu’il est prescrit chez certains patients, on l’associe habituellement à un traitement de remplacement de la T4.

La durée du traitement
En supposant que le diagnostic d’hypothyroïdie est exact, le traitement de remplacement des hormones thyroïdiennes doit toujours être poursuivi durant toute la vie. L’insuffisance thyroïdienne est généralement progressive et permanente.

Les patients atteints d’hypothyroïdie ne doivent pas cesser leur traitement de remplacement. Ils doivent le poursuivre, en présence d’autres maladies, auquel cas la dose pourrait devoir être modifiée.

Le traitement de l’hypothyroïdie d’origine hypophysaire ou hypothalamique
Le traitement de l’hypothyroïdie causée par une insuffisance de l’hypophyse ou de l’hypothalamus est aussi l’administration de thyroxine. Ces formes d’insuffisances sont toutes deux très rares comparativement à l’insuffisance thyroïdienne. Dans ces cas, il pourrait y avoir d’autres anomalies hormonales qui doivent elles aussi être cernées et traitées. Le dosage de la T4 est habituellement utilisé pour vérifier si le traitement de remplacement est adéquat.

Mise à jour en octobre 2009 par Hortensia Mircescu, M.D., FRCPC, Division d’endocrinologie, Centre hospitalier de l’Université de Montréal, professeure adjointe de clinique, Faculté de médecine, Université de Montréal.