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NUTRITION ET RÉGIME ALIMENTAIRE - LE «GUIDE CANADIEN POUR MANGER SAINEMENT» ET LES AFFECTIONS THYROÏDIENNES /GAGNER LA BATAILLE DE L'EMBONPOINT

LE «GUIDE CANADIEN POUR MANGER SAINEMENT» ET LES AFFECTIONS THYROÏDIENNES

Maria Kalergis et Rebeca Rivera
Diététistes, Kingston General Hospital

Le gouvernement du Canada a publié un nouveau guide alimentaire, devenu nécessaire pour plusieurs raisons : traiter des questions actuelles de nutrition, procurer aux consommateurs l'information la plus récente, tenir compte des changements que les Canadiens apportent déjà à leurs habitudes alimentaires, fournir aux consommateurs des conseils pratiques et réalistes dans le choix de leurs aliments et présenter de nouvelles images reflétant de nouveaux messages visant à promouvoir une saine alimentation. Le «Guide canadien pour manger sainement» a donc fait peau neuve pour traduire une nouvelle philosophie. Le Guide vise toutes les personnes de 4 ans ou plus et est fondé sur les recommandations de Santé et Bien-être social Canada, qui sont les suivantes :

En suivant ces recommandations, vous aurez non seulement les éléments nutritifs et l'énergie dont votre organisme a besoin, mais vous aiderez à réduire le risque de contracter des maladies associées à la nutrition, comme les maladies cardiaques, le cancer, l'anémie, l'ostéoporose et certaines affections intestinales. Le guide alimentaire repose sur le concept de santé, qui englobe le bien-être physique, mental et social.

Le guide alimentaire est réparti en quatre groupes d'aliments et recommande le nombre suivant de portions de chaque groupe :

Les nombre de portions à choisir dans chaque groupe d'aliments dépend des facteurs suivants : âge, sexe, poids et degré d'activité. Par exemple, un adolescent qui joue au basket-ball consommera le nombre maximum de portions indiqué, tandis qu'une personne plus âgée, moins active, peut n'avoir besoin que du minimum. (2 portions de produits céréaliers = 1 tasse de riz cuit ou de pâtes alimentaires, ou 1 pain à hamburger ou à hot-dog, ou 1 muffin anglais)

Le Guide étant une conception globale du régime alimentaire, il inclut également d'autres aliments, comme les sucreries, les pâtisseries et les aliments frits. Ceux-ci ne font pas partie des quatre groupes d'aliments et ont une teneur élevée en matières grasses et en calories. Toutefois, ils peuvent faire partie de saines habitudes alimentaires s'ils sont consommés avec modération.

Manger selon le Guide canadien pour manger sainement est le meilleur moyen de s'assurer une bonne santé. Les personnes atteintes d'une affection thyroïdienne ont, elles aussi, tout intérêt à s'alimenter en suivant ce guide. Selon que vous souffrez d'hyperthyroïdie ou l'hypothyroïdie, vos besoins en protéines et en énergie (calories) seront différents. Lorsque la glande thyroïde fonctionne normalement, le corps est habituellement en «équilibre énergétique». Cela signifie que notre apport énergétique (consommation d'aliments) égale la dépense d'énergie (métabolisme et activité) et que, par conséquent, notre poids demeure stable. Toutefois, une maladie thyroïdienne affecte l'état nutritionnel et énergétique du corps. L'hyperthyroïdie entraîne une dépense d'énergie accrue (due à un métabolisme élevé) dont résulte souvent une fonte des muscles et une perte de poids. L'hypothyroïdie, au contraire, entraîne une baisse de la dépense énergétique (due à un métabolisme faible) qui entraîne souvent un gain de poids.

Par conséquent, afin d'aider à restaurer leur état nutritionnel, les hyperthyroïdiens peuvent essayer de consommer en plus grande quantité des aliments provenant des quatre groupes alimentaires. Ils devraient choisir un nombre parmi le maximum de portions recommandé. Il doivent aussi augmenter leur apport en protéines en choisissant plus de produits laitiers et de viandes et substituts afin d'aider à édifier leur musculature.

Quant aux hypothyroïdiens, ils peuvent éviter de prendre du poids, ou essayer d'en perdre s'ils font déjà de l'embonpoint, en choisissant un nombre de portions parmi les moins élevés de l'échelle recommandée de chaque groupe d'aliments. Ils doivent également choisir des aliments moins gras, comme les produits laitiers faibles en gras (lait écrémé ou à 1 % de matières grasses, yogourt et fromage avec 15 % ou moins de m.g. du lait), viandes maigres et aliments préparés avec peu ou pas de matières grasses.

Chose à se rappeler avant tout : prendre plaisir à bien manger, être actif et se sentir bien dans sa peau. C'est ça la vitalité !

GAGNER LA BATAILLE DE L'EMBONPOINT

(Rédigé par l'Association canadienne de diététique et reproduit ici avec sa permission)

La maîtrise du tour de taille est un sujet brûlant de nos jours pour de nombreux Canadiens qui essaient d'éliminer des kilos superflus. Malheureusement, beaucoup de méthodes utilisées pour perdre du poids font regagner non seulement les kilos perdus, mais en prendre quelques-uns en plus.

Les régimes farfelus peuvent coûter très cher - non seulement à votre porte-monnaie, mais aussi à votre santé et à votre estime de soi. Avant de vous lancer dans la ronde des régimes tous azimuts, utilisez la liste de contrôle qui suit pour juger le programme que vous envisagez de suivre.

Commencez par répondre aux questions suivantes :

  1. Le programme recommande-t-il d'en parler d'abord votre médecin ?
  2. Une diététiste diplômée a-t-elle participé à la conception du programme, ou en met-on une à votre disposition pour en discuter ?
  3. Le programme utilise-t-il l'indice de masse corporelle (IMC) pour vous aider à établir des objectifs de poids réalistes ?
  4. La perte de poids recommandée est-elle supérieure à deux livres (1 kilo) par semaine ?
  5. Le programme est-il basé sur le guide alimentaire canadien et comporte-t-il un choix d'aliments provenant de tous les groupes alimentaires ?
  6. Procure-t-il au moins 1200 calories (5000 kilojoules) par jour pour les femmes et 1500 calories (6500 kilojoules) par jour pour les hommes ?
  7. Tient-il compte de vos habitudes alimentaires personnelles aussi bien que de vos besoins nutritionnels ?
  8. Le programme favorise-t-il une activité physique régulière et agréable convenant à votre mode de vie et à votre forme physique ?
  9. Fait-il appel à des produits, aliments, suppléments et traitements spéciaux ?
  10. Vous promet-on des résultats magiques et y a-t-il vente sous pression dans une partie ou l'autre du programme ?

Maintenant, comparez vos réponses à celles qui suivent :

  1. Oui - Parlez-en d'abord à votre médecin.

    En lui faisant part de vos projets de perte de poids, vous pouvez discuter avec lui de tout problème médical ou besoins spéciaux que vous pourriez avoir. Vous saurez ainsi si une perte de poids poserait un risque pour votre santé. En général, les enfants, adolescents, femmes enceintes ou nourrices ne doivent pas suivre de régime amaigrissant.

  2. Oui - Une diététicienne ou nutritionniste diplômée doit jouer un rôle dans le programme.

    Les diététiciennes et nutritionnistes diplômées sont formées pour allier l'art de la nutrition aux plaisirs d'une saine alimentation. Bien au fait du vrai et du faux en matière de nutrition, elles peuvent établir pour vous un plan de saine alimentation qui vous aidera à perdre du poids tout en demeurant en santé.

  3. Oui - Les objectifs de poids doivent être réalistes.

    Être trop maigre cause autant de tort à la santé que l'excès de poids. Visez un poids approprié à votre taille et à votre constitution morphologique. L'indice de masse corporelle (IMC), qui est un ratio taille/poids, vous aidera à trouver votre poids-santé. Visez un IMC de 20 à 27. (l'IMC ne s'applique pas aux moins de 20 ans, ni aux plus de 65 ans et aux athlètes.)

  4. Non - La perte de poids recommandée ne devrait pas dépasser 2 lb (1 kg) par semaine.

    Une perte de poids trop brusque, tout comme l'inanition, réveille l'instinct de survie du corps. Les calories se consumeront alors au ralenti et la perte de poids pourra même s'arrêter. Par la suite, lorsque vous consommerez plus de nourriture, les livres ne tarderont pas à revenir. Pour finir, vous pourriez peser plus qu'au début. Par conséquent, une perte de poids graduelle de 1/2 à 2 lb. (0,25 à 1 kg) par semaine est à la fois sûre et raisonnable.

  5. Oui - Tout programme d'amaigrissement doit être basé sur une variété d'aliments du guide alimentaire canadien.

    La meilleure façon d'obtenir tous les éléments nutritifs (plus de 50) dont nous avons besoin est de consommer chaque jour une variété d'aliments de chacun des groupes alimentaires (lait et produits laitiers, fruits et légumes, céréales, viandes et substituts).

  6. Oui - Le régime doit fournir au moins 1200 calories (5000 kilojoules) par jour pour les femmes et 1500 calories (6500 kilojoules) par jour pour les hommes.

    Si vous mangez moins que cela, il vous sera très difficile d'obtenir tous les éléments nutritifs dont votre corps a besoin. Si, pour une raison quelconque, vous devez suivre un régime comportant moins de calories que le nombre indiqué ci-dessus, ne le faites que sous surveillance médicale.

  7. Oui - Un programme de maîtrise du poids devrait être conçu spécialement pour vous.

    Un menu qui est parfait pour votre voisin ou votre meilleur ami peut ne pas être ce qu'il y a de mieux pour vous, étant donné qu'il ne tient pas compte de ce que vous aimez et de ce que vous n'aimez pas, et de votre mode de vie. Après tout, si le programme n'inclut aucun de vos aliments préférés, vous ne le suivrez pas longtemps. Il doit aussi prendre en considération vos besoins nutritionnels propres. Par exemple, une jeune femme a besoin de plus de fer qu'un homme du même âge.

  8. Oui - Le programme doit vous inciter à exercer une activité physique agréable, convenant à votre mode de vie et à votre forme physique.

    L'équation est simple : si vous emmagasinez plus d'énergie (sous forme de nourriture) que vous ne pouvez en utiliser, vous gagnerez du poids et, si vous brûlez plus d'énergie (en étant actif) que vous n'en consommez, vous perdrez du poids. Alors, au lieu de manger moins, soyez plus actif et dépensez plus d'énergie. Il y d'autres avantages à être actif ; l'exercice physique régulier combiné à une perte de poids graduelle vous aidera à perdre de la graisse au lieu de muscles. Étant donné que l'exercice doit répondre à vos besoins et à vos capacités physiques, demandez à votre médecin quel genre d'exercice vous conviendrait.

  9. Non - Vous ne devriez pas avoir à utiliser de produits, aliments, suppléments ou traitements spéciaux pour perdre du poids.

    Une modification permanente de vos habitudes alimentaires et de votre activité vous empêchera de reprendre le poids perdu. D'étranges combinaisons d'aliments, comme le régime au pamplemousse, les produits et suppléments spéciaux, et certains traitements comme les injections, ne vous aideront pas non plus. En suivant un régime équilibré, vous n'aurez pas besoin de vitamines et de suppléments minéraux qui peuvent ajouter des frais inutiles à votre programme d'amaigrissement.

  10. Non - Un programme d'amaigrissement fiable n'a nul besoin de promesse de résultats magiques et de vente sous pression.

    Si cela vous semble trop beau pour être vrai, méfiez-vous. Si l'on exerce sur vous une pression indue pour vous faire acheter quelque chose, il y a de fortes chances que si vous preniez le temps d'y réfléchir vous diriez «non».

N'envisagez d'adopter ces programmes que si vous leur donnez la note parfaite de 10 sur 10.

Il n'existe aucune formule miracle pour perdre du poids - aucune poudre, crème ou potion magique. Des aliments sains et savoureux, combinés avec une activité régulière, voilà le moyen le plus sûr d'atteindre son poids-santé et de se sentir bien dans sa peau. Donc si, selon notre liste de contrôle, votre programme d'amaigrissement répond aux exigences, vous êtes sur la bonne voie pour remporter la bataille de l'embonpoint.

*Cette liste de contrôle est une adaptation de celle conçue par l'Ontario Dietetic Association, que nous avons effectuée avec sa permission.

**«Le poids et la santé», Santé et Bien-être Canada, 1988.

Pour de plus amples renseignements, veuillez communiquer avec une diététicienne ou une nutritionniste de votre région (si vous avez besoin d'aide, téléphonez à votre service de santé local ou l'association des diététiciennes de votre province).