
L'inflammation
de la glande thyroïde (thyroïdite) peut avoir bien des causes, dont la plus
fréquente est la thyroïdite chronique de Hashimoto, une affection inflammatoire
causée par la présence d'anticorps sanguins anormaux et de lymphocytes qui
s'attaquent aux cellules de la thyroïde.
Cette affection auto-immune finit par détruire complètement les cellules
de la thyroïde (hypothyroïdie). Dans
bien des cas, cependant, il reste suffisamment de glande thyroïde pour prévenir
l'hypothyroïdie.
Cette
affection touche généralement les femmes jeunes, d'âge moyen ou plus vielles. Les patients ne présentent souvent aucun symptôme, mais
ressentent une légère pression sur la glande thyroïde et une certaine
fatigue. Au stade précoce de la
maladie, elles ont un goitre ferme, légèrement irrégulier et parfois un peu
douloureux ( 10 pour cent des cas).
Le
diagnostic peut être confirmé par la présence d'un taux élevé d'anticorps dans
le sang, qui s'attaquent aux protéines de la thyroïde. Une biopsie peut confirmer ce
diagnostic. Le chirurgien insère une
aiguille dans la thyroïde pour en extraire des cellules qui seront examinées
sur une lame par le pathologiste. La
présence de nombreux lymphocytes indique une inflammation de la glande thyroïde. Un dépistage de TSH devrait être fait pour
toute femme de plus de 50 ans; un TSH élevé se retrouvera dans 10 a 15% des cas
et invariablement sera du a la thyroïdite d’Hashimoto.
Cette
maladie se traite par l'administration d'hormone thyroïdienne (thyroxine) dès
le diagnostic, même si la glande a alors un fonctionnement normal. L'hormone thyroïdienne est administrée pour
trois raisons:
1. elle provoque l'atrophie du goitre, en
bloquant la production de thyrotropin (TSH) par l'hypophyse;
2. elle prévient l'insuffisance thyroïdienne
et la réduction du taux d'hormones qui en découle, car cette affection évolue
avec le temps;
3. elle semble avoir un effet sur les
lymphocytes qui s'attaquent à la thyroïde.
La
dose de thyroxine administrée est la même que dans les cas d'hypothyroïdie,
mais peut être plus importante au début pour permettre l'atrophie du
goitre. Les patients, surtout les
jeunes, se préoccupent souvent de la présence du goitre, qui peut persister
pendant quelques années. Il disparaît
généralement après une période de six à dix-huit mois. Atrophiée, la thyroïde ne fonctionne plus et
un traitement doit être administré au patient pour prévenir
l'hypothyroïdie. Dans les cas de
thyroïdite chronique de Hashimoto, ce traitement est permanent. Les patients qui en sont atteints doivent
consulter le généraliste au moins une fois l'an, pour s'assurer que la dose de
thyroxine qu'ils prennent leur convient, et que le goitre s'atrophie.
La
thyroïdite subaiguë est environ dix fois moins fréquente que la thyroïdite
chronique de Hashimoto. Il s'agit d'une
forme passagère de thyroïdite, entraînent l'hyperthyroïdie mais ne nécessitant
pas un traitement à l'iode radioactif ou d’une thyroïdectomie.
Il
semble que la thyroïdite subaiguë découle d'une infection virale, la plupart
des patients ayant présenté une infection de la gorge quelques semaines
auparavant. Cette maladie se présente
sous forme épidémique, généralement en association avec des infections virales
connues.
Les
symptômes les plus importants de la maladie sont une tuméfaction douloureuse de
la glande thyroïde, et certains symptômes d'hyperthyroïdie: intolérance à la
chaleur, nervosité, palpitations et faiblesse.
L'hyperthyroïdie est causée par l'écoulement d'hormones thyroïdiennes
des cellules endommagées par l'infection virale. Cette situation est passagère, et après la rémission de
l'infection, les cellules thyroïdiennes retrouvent leur condition normale. L'examen révèle une tuméfaction très
douloureuse de la thyroïde, et de légers symptômes d'hyperthyroïdie.
Chez environ la moitié des patients, la thyroïdite subaiguë s'accompagne d'hyperthyroïdie. Dans ces cas, le médecin peut confirmer le diagnostic par l'élévation du taux sanguin d'hormones thyroïdiennes. La vitesse de sédimentation globulaire, épreuve particulièrement utile pour diagnostiquer cette maladie, est très élevée (plus de 80). L’épreuve de fixation de l'iode radioactif donne des résultats très faibles, soit généralement moins d’un pour cent (l'écart normal est de 15 à 20 pour cent). Ce résultat s'explique par le fait que les cellules infectées sont incapables de fixer l'iode.
L'aspirine
est alors indiquée pour réduire l'inflammation, la tuméfaction et la
douleur. Lorsque les symptômes sont
sévères, des stéroïdes (cortisone) peuvent être administrés. Les malades récupèrent généralement en
quelques jours. La maladie peut durer
plus longtemps, et parfois entraîner des récidives. Environ un patient sur quatre présente un épisode
d'hyperthyroïdie, qui peut nécessiter un traitement à la thyroxine, par suite
de l'insuffisance grave des cellules de la thyroïde. Les lésions finissent par disparaître, et le traitement à la
thyroxine peut être interrompu.
Une
autre forme de thyroïdite, aussi fréquente que la thyroïdite subaiguë, est la
thyroïdite asymptomatique, ainsi appelée en raison de l'absence de symptôme ou
de signe d'inflammation. Le patient
souffre premièrement d'hyperthyroïdie, et peut présenter les mêmes symptômes
que ceux atteints d'un goitre exophtalmique, mais ensuite il passe par une
phase d’hypothyroïdie avant une recouverte totale.
Cette
affection atteint fréquemment les femmes, après la grossesse, ayant des
antécédents d'affection thyroïdienne.
Comme la thyroïdite asymptomatique, elle ressemble à bien des égards à
la thyroïdite chronique de Hashimoto, mais la thyroïdite finit par se régénérer
et le traitement aux hormones thyroïdiennes ne dure que quelques semaines. Contrairement à la thyroïdite subaiguë,
cette maladie est souvent l'objet de récidives.
Les docteurs Jody Ginsberg, Ian R. Hart, Irving B.
Rosen, Sonia R. Salisbury, Robert Volpé, Paul G. Walfish et Jack R. Wall ont
fourni l’information contenue dans les dépliants. Les docteurs Louise Laramée
et Andrée Boucher ont collaboré à la révision de la version française.
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