
Un nodule thyroïdien est une tuméfaction localisée de la thyroïde. Le cas le plus inquiétant est une tuméfaction unique, mais il arrive que la thyroïde présente plusieurs tuméfactions (un goitre multinodulaire). Cette affection est fréquente chez les personnes âgées, et ne comporte souvent aucun symptôme. Les nodules uniques se rencontrent chez environ 5 pour cent de la population, mais les personnes ainsi atteintes ignorent généralement que leur thyroïde est affectée. Ces nodules uniques peuvent apparaître pour plusieurs raisons. Quoique peu fréquent, le cancer en est la cause la plus importante, et la recherche de nodules cancéreux est la raison principale qui justifie l'examen des nodules thyroïdiens. Le cancer est plus probable dans le cas d'un seul nodule que dans le cas de plusieurs tuméfactions.
Les nodules
thyroïdiens uniques se présentent généralement sous une des quatre formes
suivantes:
1) kyste liquidien;
2) tumeur ou adénome bénin dégénéré;
3) adénome à croissance lente;
4) cancer malin (cas rare).
Les autres
parties de la glande thyroïde n'étant généralement pas affectées, leur
fonctionnement est normal et les patients ne souffrent pas d'hyper- ou
d'hypothyroïdie.
Les nodules
thyroïdiens sont généralement de petite taille et indolores. Ils ne produisent pas de pression sur le
cou, et la plupart des patients ne remarquent même pas la tuméfaction. Le médecin peut la déceler lors d'un examen
médical habituel ou particulier. Les
nodules thyroïdiens sont généralement fermes, lisses et faciles à palper s’ils
sont assez grand (de plus de 1 cm en diamètre). Les nodules plus petits ne
peuvent être décelés que par ultrason.
Le reste de la glande thyroïde semble normal.
Le cancer
thyroïdien diffère habituellement des nodules thyroïdiens bénins. Le nodule est généralement très dur et peut
être associé à une tuméfaction des ganglions lymphatiques du cou, si la tumeur
s'est propagée. Cependant, un examen
physique ne permet pas de distinguer entre des nodules bénins et malins.
Une des
épreuves les plus utiles pour le diagnostic des nodules est l’ultrason qui
détermine la taille, forme et solidité.
Un autre test important est la scintigraphie a l'iode radioactif, qui
permet au médecin d'examiner non seulement le nodule, mais aussi l'ensemble de
la glande thyroïde.
Lors de
l'examen, si le médecin marque les silhouettes du nodule sur l'épiderme, les
anomalies du tracé correspondront à la position du nodule. Les nodules qui ne captent pas l'iode
radioactif sont appelés "froids" et ceux qui captent presque tout
l'iode radioactif sont appelés "chauds". Les nodules chauds sont parfois hyperactifs et entraînent
l'hyperthyroïdie. Ceux qui captent à
peu près la même quantité d'iode que le reste de la glande sont des nodules
fonctionnels, appelés "tièdes".
Seuls les nodules froids peuvent être cancéreux; en fait, moins de 10
pour cent de ces nodules le sont.
Le médecin
procède ensuit à une biopsie du nodule thyroïdien à l'aide d'une aiguille à
extrémité fine. Il extrait des cellules et du liquide de la thyroïde pour
déterminer si le nodule est bénin ou malin.
Une aiguille peut également être insérée dans un kyste thyroïdien, pour
en retirer du liquide, généralement brun rouge (modification du sang des tissus
thyroïdiens endommagés, dans le cas d'une tumeur maligne ou bénigne), ou jaune
clair (dans le cas d'un kyste congénital).
Il peut arriver que du pus soit extrait du nodule, indiquant alors la
présence d'un abcès thyroïdien.
Le traitement
dépend de la nature du nodule. S'il
s'agit d'un nodule chaud et si la biopsie ne révèle pas de cellules cancéreuses,
on peut conclure de bon droit qu'il s'agit d'un nodule bénin. Si le nodule est froid et la biopsie révèle
la présence de cellules probablement cancéreuses, le nodule doit alors être
excisé. Au cours de l'intervention, si
le nodule se révèle malin, toutes les parties anormales de la glande sont
extraites. Le chirurgien examine aussi
la région du cou pour en éliminer les nodules lymphatiques pouvant contenir des
cellules cancéreuses.
Plusieurs
médecins prescrivent aux patients qui ont subi cette intervention chirurgicale
un traitement permanent à la thyroxine pour éviter l'apparition de nouveaux
nodules dans les tissus sains.
Les nodules
bénins peuvent être traités à l'aide d'hormones thyroïdiennes (p.ex.,
thyroxine) en vue de bloquer la production de TSH et de favoriser l'atrophie du
nodule. Les patients ainsi traités
doivent être examinés tous les six mois.
Ils n'ont rien à craindre si le volume des nodules n'augmente pas. Dans le cas contraire, malgré le traitement
à la thyroxine, ils pourraient être porteurs de nodules malins, qui devront
être excisés. Il convient également de
souligner que la plupart des nodules bénins ne sont pas atrophiés par la
thyroxine et que peu de nodules bénins sont traitées de cette façon. Les kystes ne réagissent jamais à la
thyroxine
Durant les
années 40 jusqu'au début des années 50, on recourait souvent à la radiothérapie
pour traiter un grand nombre d'affections bénignes du thymus, des végétations
adénoïdes, des amygdales et de la peau chez les enfants. Par la suite, on a constaté que
l'irradiation affecte également la glande thyroïde. Des études ont révélé qu'environ 25 pour cent de ces patients
présentent par la suite des nodules thyroïdiens, dont environ un tiers d’entre
eux sont cancéreux.
Les nodules
thyroïdiens qui apparaissent après irradiation doivent faire l'objet d'un
examen clinique, d'une scintigraphie à l'iode radioactif et d'une biopsie, comme
les autres nodules. Si les nodules
semblent cancéreux, ils doivent être excisés et le chirurgien doit examiner
attentivement toute la thyroïde pour déceler la présence possible d'un cancer. En fait, un bon nombre de cliniciens
recommandent l'enlèvement de tous les nodules thyroïdiens uniques après
l'irradiation.
Il importe que
les patients qui ont été irradiés mais ne présentent pas de nodules soient
examinés par un spécialiste, en raison de leur risque élevé. Si l'examen ne révèle aucun nodule, il n'est
pas nécessaire de procéder à d’autres épreuves (ultrason, biopsie,
scintigraphie), et les patients ne
peuvent être examinés que six mois plus tard. Seule la présence de nodules
thyroïdiens justifie des examens plus poussés.
Ces patients peuvent également être traités à la thyroxine qui peut,
dans ces cas, empêcher la formation de nodules.
Lorsque les
nodules sont nombreux, il est difficile de déterminer si l'un d'eux est
cancéreux. Heureusement, le cancer est
rarement associé à cette maladie et la plupart des patients peuvent être
traités sans danger aux hormones thyroïdiennes, ce qui entraîne l'atrophie
progressive de toute la thyroïde. La
thyroxine entraîne rarement l'atrophie de tuméfactions multiples car il y à
généralement des zones de dégénérescence ou d'autonomie ou des deux. La thyroxine peut causer l'hyperthyroïdie
chez certains personnes atteintes de cette maladie. Si la tuméfaction est importante ou continue d'augmenter en
volume, ou si elle peut entraver le conduit aérien, il est nécessaire de
procéder à une extirpation chirurgicale.
Conseils
Pratiques sur Les Affections Thyroïdiennes :
Les docteurs Jody Ginsberg, Ian R. Hart, Irving B.
Rosen, Sonia R. Salisbury, Robert Volpé, Paul G. Walfish et Jack R. Wall ont
fourni l’information contenue dans les dépliants. Les docteurs Louise Laramée
et Andrée Boucher ont collaboré à la révision de la version française.
Les renseignements
contenus dans ce dépliant sont pour fins éducationnelles. Pour questions
touchant les traitements individuels, veuillez consulter votre médecin
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