
Chez plusieurs
patients atteints d'une affection thyroïdienne, la glande sécrète un taux
excessif d'hormones thyroïdiennes (l'hyperthyroïdie) ou un taux insuffisant
d'hormones thyroïdiennes (l'hypothyroïdie). Ces patients seront habituellement
atteints d'un goitre (une augmentation de volume de la glande thyroïde).
Cependant, la glande thyroïde peut fonctionner normalement chez plusieurs
patients atteints d'un goitre, ou d'un nodule dans la glande. Chez une minorité
de patients, les nodules thyroïdiens sont parfois hyperactifs et entraînent
l'hyperthyroïdie.
Les indications
les plus importantes pour les épreuves de laboratoire sont les suivantes :
1) confirmer
le diagnostic clinique d'une affection thyroïdienne;
2) suivre
les patients traités pour une affection thyroïdienne;
3) déterminer
les nodules cancéreux à extraire chirurgicalement.
La TSH (thyroid
stimulating hormone), une hormone produite par l'hypophyse,
stimule la thyroïde à produire et libérer des hormones thyroïdiennes. Une réduction du taux sanguin
d'hormones thyroïdiennes déclenche une augmentation de la TSH et vice versa. Un
dosage sensible pour déterminer des taux de la TSH est la méthode recommandée
pour dépister une affection thyroïdienne.
Le dosage de la TSH permet de distinguer les personnes atteintes d'hypo-
ou d'hyperthyroïdie des personnes normales. Une détermination de taux normaux de la TSH exclut
pratiquement la possibilité d'une affection primaire thyroïdienne. Un taux élevé de la TSH suggère une
hypothyroïdie tandis qu'un taux supprimé suggère une hyperthyroïdie. Dans des
cas rares, des médicaments (tels que les corticostéroïdes), une affection
psychiatrique sévère ou une maladie non-thyroïdienne peuvent supprimer le taux
de la TSH. Pourtant, de telles
circonstances sont très rares chez des patients visitant les cliniques
externes.
Lorsque les
taux de la TSH sont anormaux, on détermine la sévérité de l'affection
thyroïdienne en mesurant les taux sanguins des hormones thyroïdiennes T4
(thyroxine) et T3 (triiodothyronine). Si le patient est atteint
d'hyperthyroïdie, les taux sanguins des hormones T4 et T3 sont élevés, tandis
que la production de la TSH est faible ou supprimée. Si le patient est atteint
d'hypothyroïdie, la TSH est élevée et les taux sanguins de la T4 sont faibles.
Depuis que les médecins se servent de l'essaie TSH comme épreuve primaire, ils
ont identifié des patients présentant des taux faibles ou élevés de la TSH avec
des taux sanguins normaux des hormones T4 et T3. Bien que quelques-uns de ces patients soient éventuellement
atteints d'une affection thyroïdienne, il est difficile à présent de déterminer
lesquels en souffriront. On
devrait évaluer et traiter de tels patients individuellement.
Les hormones
thyroïdiennes circulent en association avec les protéines sanguines qui captent
les hormones thyroïdiennes. On
croit que seule la portion libre
ou déliée est active dans le
système tissulaire. Pourtant cette
portion libre ne représente qu’un pour cent des niveaux totaux des hormones
thyroïdiennes. Dans certains cas,
par exemple chez les femmes enceintes ou qui prennent des contraceptifs oraux,
les taux élevés d’œstrogènes (les hormones sexuelles femelles) accroissent la
quantité de protéines sanguines qui transportent les hormones thyroïdiennes.
Le corps
compensera avec une augmentation de la production des T3 et T4 pour que le
niveau de la portion libre reste normal.
Cependant, ces individus auront des taux élevés des T4 et T3. Puisque le niveau de la portion libre
reste normal, la TSH chez ces individus ne change pas. Dans plusieurs cas, on peut déterminer
les taux de T4 libre et de T3 libre. Souvent, les laboratoires ne font que les
examens T3 et/ou T4 libre. Une
autre alternative serait de mesurer la captation de la résine T3, ce qui
fournit une mesure indirecte du niveau des protéines sanguines. Pour l’index de T4 libre, on multiplie
le T4 total par le niveau de captation de la résine T3; le résultat devrait
être proportionnel au niveau vrai de T4 libre. Durant une grossesse, on note une élévation du niveau de T4
total, une baisse de la résine T3, et un index normal deT4 libre. Grâce à la disponibilité de la méthode
pour déterminer le dosage sensible de TSH, on a éliminé la confusion cause par
des changements dans les niveaux des hormones thyroïdiennes circulant en
association avec des protéines sanguines puisque, dans ces cas, la TSH reste
normale.
La
glande thyroïde fixe et utilise l'iode pour la synthèse de l'hormone thyroïdienne. De la même façon, la glande thyroïde
fixe et transforme par métabolisme l'iode radioactif. La thyroïde fixe dans 24 heures après l'administration orale
d'une dose environ 20 pour cent de la quantité d'iode radioactif. Tout cela est déterminé par la
radioactivité de la thyroïde. Cette épreuve ne présente aucun danger, car la
dose de radioactivité est infirme, mais elle n'est généralement pas administrée
aux enfants ou aux femmes enceintes.
Chez un patient atteint d'hyperthyroïdie, l'épreuve de fixation de
l'iode radioactif séparera les causes permanentes d'hyperthyroïdie, telles que
le goitre exophtalmique où la fixation de l'iode sera élevée, des causes
temporaires, telles que la thyroïdite où cette fixation est faible. On peut
aussi obtenir une image de la glande et voir comment le radiotraceur
(habituellement le technétium) y est réparti. Cet examen, appelé une
scintigraphie, peut servir d'alternatif à l'examen de fixation de l'iode
radioactif. En plus, la
scintigraphie donne une idée de la forme et le volume de la thyroïde et peut
être utilisée chez les patients atteints de nodules thyroïdiens pour déterminer
si le nodule est fonctionnel
Une image
de la thyroïde peut être faite par un ultrason qui est très sensible et qui
donne des informations très précises de la taille et de la forme de la glande
thyroïde et des nodules. Une
échographie “CAT “ et “MRI” peuvent aussi déceler la présence de nodules.
Les patients
atteints de la thyroïdite d’Hashimoto souffrent d'une affection auto-immune.
Les anticorps thyroïdiens sont des protéines sanguines qui réagissent avec
certaines des propres protéines du patient (appelées antigènes) dans la glande
thyroïde. Chez les patients atteints de la thyroïdite d’Hashimoto, ces
anticorps sont très nombreux et donc permettent de diagnostiquer une maladie
auto-immune. De faibles taux d'anticorps sont parfois détectés chez les femmes
âgées saines, sans que l'on puisse conclure à la présence d'une affection. Chez
les patients atteints d'un goitre exophtalmique (hyperthyroïdie), on peut
déceler la présence d'un autre anticorps (un anticorps thyréotrope) qui stimule la thyroïde et entraîne
l'hyperactivité des cellules de la thyroïde.
La biopsie de
la thyroïde est à présent d'usage courant. Plusieurs médecins s'en servent dans les premières
investigations chez les patients atteints de nodules thyroïdiens uniques. On insère une petite aiguille, montée
sur une seringue, dans la région anormale de la thyroïde, pour en extraire un
petit nombre de cellules, qui sont ensuite déposées sur une lame de microscope.
Le pathologiste examine les cellules pour déceler la présence d'une affection
thyroïdienne. Cette méthode est simple, rapide et pas plus douloureuse qu'une
prise de sang. Cette méthode permet également d'extraire le liquide des kystes
thyroïdiens, et n'entraîne qu'une faible douleur localisée, parfois une
tuméfaction et des ecchymoses. Des
dommages par l'aiguille aux tissus voisins de la thyroïde sont vraiment inouïs.
On ne connaît pas non plus de cas de diffusion de cancer de la thyroïde. Une
anesthésie locale n'est généralement pas nécessaire, même chez les enfants.
On n'a
généralement pas recours à la biopsie si l'examen ne révèle pas de tuméfaction
ou de nodule. La biopsie à
aiguille fine est cependant très utile en présence de nodules thyroïdiens, de
goitre multinodulaire, ou de possibilité de thyroïdite. Bien que la seule façon de garantir
absolument la nature du nodule thyroïdien soit la chirurgie, une biopsie de la
thyroïde permet dans 85 à 90 pour cent des cas un diagnostic de la nature du
nodule et de distinguer entre des tumeurs bénignes et du cancer de la thyroïde.
Le succès de la
biopsie de la thyroïde dépend surtout de la compétence de l'individu qui fait
la biopsie et du pathologiste qui examine les prélèvements.
Les docteurs Jody Ginsberg, Ian R.
Hart, Irving B. Rosen, Sonia R. Salisbury, Robert Volpé, Paul G. Walfish et
Jack R. Wall ont fourni l’information contenue dans les dépliants. Les docteurs
Louise Laramée et Andrée Boucher ont collaboré à la révision de la version
française.
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