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Conseils pratiques sur les affections thyroïdiennes (2)

Confirmation clinique du diagnostic


Épreuves de laboratoire

 

Chez plusieurs patients atteints d'une affection thyroïdienne, la glande sécrète un taux excessif d'hormones thyroïdiennes (l'hyperthyroïdie) ou un taux insuffisant d'hormones thyroïdiennes (l'hypothyroïdie). Ces patients seront habituellement atteints d'un goitre (une augmentation de volume de la glande thyroïde). Cependant, la glande thyroïde peut fonctionner normalement chez plusieurs patients atteints d'un goitre, ou d'un nodule dans la glande. Chez une minorité de patients, les nodules thyroïdiens sont parfois hyperactifs et entraînent l'hyperthyroïdie.

 

Les indications les plus importantes pour les épreuves de laboratoire sont les suivantes :

1)         confirmer le diagnostic clinique d'une affection thyroïdienne;

2)         suivre les patients traités pour une affection thyroïdienne;

3)         déterminer les nodules cancéreux à extraire chirurgicalement.

 

Détermination des taux de la TSH (thyréostimuline)

La TSH (thyroid stimulating hormone), une hormone produite par l'hypophyse, stimule la thyroïde à produire et libérer des hormones thyroïdiennes.  Une réduction du taux sanguin d'hormones thyroïdiennes déclenche une augmentation de la TSH et vice versa. Un dosage sensible pour déterminer des taux de la TSH est la méthode recommandée pour dépister une affection thyroïdienne.  Le dosage de la TSH permet de distinguer les personnes atteintes d'hypo- ou d'hyperthyroïdie des personnes normales.  Une détermination de taux normaux de la TSH exclut pratiquement la possibilité d'une affection primaire thyroïdienne.  Un taux élevé de la TSH suggère une hypothyroïdie tandis qu'un taux supprimé suggère une hyperthyroïdie. Dans des cas rares, des médicaments (tels que les corticostéroïdes), une affection psychiatrique sévère ou une maladie non-thyroïdienne peuvent supprimer le taux de la TSH.  Pourtant, de telles circonstances sont très rares chez des patients visitant les cliniques externes.

 

Taux sanguins des hormones T3 et T4

 

Lorsque les taux de la TSH sont anormaux, on détermine la sévérité de l'affection thyroïdienne en mesurant les taux sanguins des hormones thyroïdiennes T4 (thyroxine) et T3 (triiodothyronine). Si le patient est atteint d'hyperthyroïdie, les taux sanguins des hormones T4 et T3 sont élevés, tandis que la production de la TSH est faible ou supprimée. Si le patient est atteint d'hypothyroïdie, la TSH est élevée et les taux sanguins de la T4 sont faibles. Depuis que les médecins se servent de l'essaie TSH comme épreuve primaire, ils ont identifié des patients présentant des taux faibles ou élevés de la TSH avec des taux sanguins normaux des hormones T4 et T3.  Bien que quelques-uns de ces patients soient éventuellement atteints d'une affection thyroïdienne, il est difficile à présent de déterminer lesquels en souffriront.  On devrait évaluer et traiter de tels patients individuellement.

 

Protéines liantes des hormones thyroïdiennes

 

Les hormones thyroïdiennes circulent en association avec les protéines sanguines qui captent les hormones thyroïdiennes.  On croit que  seule la portion libre ou déliée  est active dans le système tissulaire.  Pourtant cette portion libre ne représente qu’un pour cent des niveaux totaux des hormones thyroïdiennes.  Dans certains cas, par exemple chez les femmes enceintes ou qui prennent des contraceptifs oraux, les taux élevés d’œstrogènes (les hormones sexuelles femelles) accroissent la quantité de protéines sanguines qui transportent les hormones thyroïdiennes.

Le corps compensera avec une augmentation de la production des T3 et T4 pour que le niveau de la portion libre reste normal.  Cependant, ces individus auront des taux élevés des T4 et T3.  Puisque le niveau de la portion libre reste normal, la TSH chez ces individus ne change pas.  Dans plusieurs cas, on peut déterminer les taux de T4 libre et de T3 libre. Souvent, les laboratoires ne font que les examens T3 et/ou T4 libre.  Une autre alternative serait de mesurer la captation de la résine T3, ce qui fournit une mesure indirecte du niveau des protéines sanguines.  Pour l’index de T4 libre, on multiplie le T4 total par le niveau de captation de la résine T3; le résultat devrait être proportionnel au niveau vrai de T4 libre.  Durant une grossesse, on note une élévation du niveau de T4 total, une baisse de la résine T3, et un index normal deT4 libre.  Grâce à la disponibilité de la méthode pour déterminer le dosage sensible de TSH, on a éliminé la confusion cause par des changements dans les niveaux des hormones thyroïdiennes circulant en association avec des protéines sanguines puisque, dans ces cas, la TSH reste normale.

 

Fixation de l'iode radioactif et scintigraphie de la thyroïde

La glande thyroïde fixe et utilise l'iode pour la synthèse de l'hormone thyroïdienne.  De la même façon, la glande thyroïde fixe et transforme par métabolisme l'iode radioactif.  La thyroïde fixe dans 24 heures après l'administration orale d'une dose environ 20 pour cent de la quantité d'iode radioactif.  Tout cela est déterminé par la radioactivité de la thyroïde. Cette épreuve ne présente aucun danger, car la dose de radioactivité est infirme, mais elle n'est généralement pas administrée aux enfants ou aux femmes enceintes.  Chez un patient atteint d'hyperthyroïdie, l'épreuve de fixation de l'iode radioactif séparera les causes permanentes d'hyperthyroïdie, telles que le goitre exophtalmique où la fixation de l'iode sera élevée, des causes temporaires, telles que la thyroïdite où cette fixation est faible. On peut aussi obtenir une image de la glande et voir comment le radiotraceur (habituellement le technétium) y est réparti. Cet examen, appelé une scintigraphie, peut servir d'alternatif à l'examen de fixation de l'iode radioactif.  En plus, la scintigraphie donne une idée de la forme et le volume de la thyroïde et peut être utilisée chez les patients atteints de nodules thyroïdiens pour déterminer si le nodule est fonctionnel

 

Image de la glande thyroïde

Une image de la thyroïde peut être faite par un ultrason qui est très sensible et qui donne des informations très précises de la taille et de la forme de la glande thyroïde et des nodules.  Une échographie “CAT “ et “MRI” peuvent aussi déceler la présence de nodules.

 

Anticorps thyroïdiens

 

Les patients atteints de la thyroïdite d’Hashimoto souffrent d'une affection auto-immune. Les anticorps thyroïdiens sont des protéines sanguines qui réagissent avec certaines des propres protéines du patient (appelées antigènes) dans la glande thyroïde. Chez les patients atteints de la thyroïdite d’Hashimoto, ces anticorps sont très nombreux et donc permettent de diagnostiquer une maladie auto-immune. De faibles taux d'anticorps sont parfois détectés chez les femmes âgées saines, sans que l'on puisse conclure à la présence d'une affection. Chez les patients atteints d'un goitre exophtalmique (hyperthyroïdie), on peut déceler la présence d'un autre anticorps (un anticorps thyréotrope)  qui stimule la thyroïde et entraîne l'hyperactivité des cellules de la thyroïde.

 

Biopsie de la thyroïde

 

La biopsie de la thyroïde est à présent d'usage courant.  Plusieurs médecins s'en servent dans les premières investigations chez les patients atteints de nodules thyroïdiens uniques.  On insère une petite aiguille, montée sur une seringue, dans la région anormale de la thyroïde, pour en extraire un petit nombre de cellules, qui sont ensuite déposées sur une lame de microscope. Le pathologiste examine les cellules pour déceler la présence d'une affection thyroïdienne. Cette méthode est simple, rapide et pas plus douloureuse qu'une prise de sang. Cette méthode permet également d'extraire le liquide des kystes thyroïdiens, et n'entraîne qu'une faible douleur localisée, parfois une tuméfaction et des ecchymoses.  Des dommages par l'aiguille aux tissus voisins de la thyroïde sont vraiment inouïs. On ne connaît pas non plus de cas de diffusion de cancer de la thyroïde. Une anesthésie locale n'est généralement pas nécessaire, même chez les enfants.

 

On n'a généralement pas recours à la biopsie si l'examen ne révèle pas de tuméfaction ou de nodule.  La biopsie à aiguille fine est cependant très utile en présence de nodules thyroïdiens, de goitre multinodulaire, ou de possibilité de thyroïdite.  Bien que la seule façon de garantir absolument la nature du nodule thyroïdien soit la chirurgie, une biopsie de la thyroïde permet dans 85 à 90 pour cent des cas un diagnostic de la nature du nodule et de distinguer entre des tumeurs bénignes et du cancer de la thyroïde.

 

Le succès de la biopsie de la thyroïde dépend surtout de la compétence de l'individu qui fait la biopsie et du pathologiste qui examine les prélèvements.


Les docteurs Jody Ginsberg, Ian R. Hart, Irving B. Rosen, Sonia R. Salisbury, Robert Volpé, Paul G. Walfish et Jack R. Wall ont fourni l’information contenue dans les dépliants. Les docteurs Louise Laramée et Andrée Boucher ont collaboré à la révision de la version française.

 

Les renseignements contenus dans ce dépliant sont pour fins éducationnelles. Pour questions touchant les traitements individuels, veuillez consulter votre médecin

 

Cette série de dépliants a été réalisée grâce à une contribution financière de Santé Canada. Les opinions exprimées dans ces dépliants n’engagent que la responsabilité des auteurs et ne représentent pas nécessairement les politiques officielles de Santé Canada.

 

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Révisé : 08/00                                                  Examiné :07/01            

 

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